La personnalité de Jeanne Rochette à tout de suite titillée notre curiosité. Dès les premieres notes et images de “Quand je m’aime pas” nous avons été immédiatement attiré par l’énergie de la chanteuse, sa personnalité à part, et sa musique entraînante.

“Quand je m’aime pas” occille entre mélodies pop-rock, expérimentation sonore, et surtout la voix et les lignes de chants unique de Jeanne Rochette. Une chose est sûre, elle ne rentre dans aucune case et se distingue par son originalité.

Plongez dans le monde artistique de Jeanne Rochette et découvrez-la plus bas en 5 questions:

D’où viennent tes inspirations artistiques?

Elles sont diverses. J’ai grandi dans une famille très artistique. Mon père était dessinateur et grand amateur de musique. Musicien autodidacte, il jouait de pleins d instruments de la trompette, du piano, de la guitare. La musique faisait vraiment partie de mon quotidien. J ai été bercée par Brassens, Bobby Lapointe, Barbara, Aznavour… Mais aussi Higelin, Gainbourg, Bashung, et beaucoup de classique aussi La Callas, Bach, Chopin et du jazz et du blues, Ella Fitzgerald, Ray Charles, les mélodies de Burt Bacharach… Après il y a eu le jazz instrumental et le rock progressif. Ce grand melting pot fait partie de moi et m’influence constamment je crois. Pour la direction de cet album, avec le réal Kim Giani on a évoqué le son de certains album d higelin, des artistes comme Kate Bush, Nina Hagen… Leur énergie, leur son très particulier, leur approche très expérimentale. Leur manière d’utiliser leur voix comme un instrument. Comme un outil très expressif, ludique comme l’a fait Cathy Berberian par exemple. J’avais le désir d’aller vers ça encore plus.

Quel a été le processus de création de ton prochain album « La Malhonnête » ?

Par rapport à l’album Cachée il y a eu une grande différence dans le processus. Cachée était un disque très arrangé, de la chanson mais de facture presque classique avec Hautbois, Basson, cordes… J’ai écrit les chansons de La Malhonnête vraiment pour la scène. J’ai fait une tournée avec Cali qui a été déterminante dans le processus de création du 3e album en fait. Son énergie, sa générosité sur scène c’était énorme. Ça m’a tellement parlé, je me suis reconnu à cet endroit, c’était très familier. Je me suis dit que pour le prochain album, la prochaine tournée c’était cette énergie là que j’avais envie de retrouver et de pouvoir donner, et trouver encore plus de lâcher prise, aller au bout de ce que j’ai à partager avec mes m musiciens et avec le public sans demi mesure. Le 3e album devait être dans une énergie commune à la scène, une énergie plus rock, plus brute, un peu punk… À l’image ce titre « La Malhonnête » un peu rugueux, pas très consensuel, pas très glamour, qui dérange un peu, qui surprend peut-être. Donc les chansons devaient me permettre ça en tout cas. Même dans la réalisation je voulais que ce soit un peu plus brut de décoffrage, avec la sensation du live… 

J’ai écrit et composé, maquetté les chansons à l’ordi dans un 1er temps puis on leur a donné vie avec mes talentueux musiciens François Puyalto à la basse électrique et Côme Huveline à la batterie et à la guitare électrique. Après on a enregistré très vite en à peine 1 semaine j’ai fait les voix en 2 jours. Je voulais qu’on enregistre la base en trio puis on a ajouté les overdub des artistes virtuoses invités François Bourassa au piano, Csaba Palotai à la guitare électrique et Olivier Koundouno au Violoncelle.  

Le clip de “Quand je m’aime pas” est assez théâtral et invite à la danse. Quel est ton rapport avec ces deux disciplines ?

Pour ce clip je voulais travailler une chorégraphie mais qui ne soit pas trop rigide. Trop figée  j ai demandé à une super chorégraphe au Québec Louise Bédard, de construire avec moi cette « fulgurance » de 2min30 environ. C’était l idée d un plan séquence avec des gestes très simple qui me permettraient de garder l énergie spontanée de la danse que j’ai toujours eu. Sur scène j aime bouger, danser. Je ne peux pas dissocier le corps de la voix. J ai fait pleins de danses diverses de la danse indienne, de la danse moderne, africaine et je suis fan de danse contemporaine, le travail expérimental des chorégraphes belges par exemple, Vandekeybus, Fabre, ou la poésie de Pina Bausch entre autres…

Quant au théâtre, il fait partie de ma vie depuis très longtemps, j’ai commencé le théâtre en primaire et j ai poursuivi au lycée et à l’université et dans diverses écoles. Je me suis intéressée a beaucoup de formes, théâtre gestuel, expérimental, acrobatie… Je suis rentrée en France aussi pour retravailler en tant que comédienne. Jouer m’a manqué. Et je suis une grande cinéphile et je vais beaucoup au théâtre (quand c est possible ;)) Par exemple le travail de Chéreau à l époque, ou celui de Mouawad, de Pommerat, aujourd hui, me passionne.Il y a des pièces qui ont bouleversé ma vie. Il y a toujours beaucoup de théâtralité dans mon travail en tant que chanteuse. Ça fait partie de moi. 

Quels messages se cache derrière ton prochain album et que souhaites-tu que l’auditeur en retienne ?

C est une vaste question je ne sais pas tellement moi-même s il y a un véritable message. Je ne pense pas. Comme à chaque fois mais peut être pour cet album encore plus clairement j’essaye d être “droite dans mes bottes » (expression québécoise?) là où j en suis. D’essayer de dire le plus sincèrement possible ce que j’ai a dire, même si je pense qu on est pas complètement conscient de ce qu on a envie de dire… et tant mieux. En tout cas on tend vers ça. D être au plus proche de ce qu on ressent au moment où on créer je crois. Je trouve ça assez jubilatoire d ailleurs de se dire qu il y a cette part d inconscience qui nous guide dans tout processus de création. J ai commencé l écriture du disque il y a plus de 2 ans mais l étincelle, le feu de départ est si intense et profond qu il est toujours aussi vibrant aujourd hui. Si ce n est plus. Puisque on redécouvre les titres, leur sens en les chantant, en les vivant dans l énergie de la scène.  « La Malhonnête » c est le titre d une des chansons et c est la peur. La peur qui règne en despote et qui te fait croire a des dangers qu il n y a pas. Comme « le cri » qui te dit d écouter l instinct… c est la quête de trouver sa propre liberté, de repousser ses limites mais aussi de les accepter. Faire face a ses failles pour les surmonter ou lâcher prise et se laisser submerger avec bonheur sans se juger comme dans « Quand je m aime pas »… Accepter ses failles, humaines, nos parts d ombre et de lumière… sans doute un album d émancipation peut-être… Comme dans le « Chacha décomplexé »  Rien ne l’empêchera de danser quoiqu il arrive de continuer à avancer, poursuivre son juste chemin, de tendre vers sa liberté en essayant d’être pleinement présent à soi et aux autres. En acceptant qu on fait comme on peu avec toutes nos imperfections mais au-moins on est dans l arène, pour savoir de quel bois on se chauffe… Les gens me font de très beaux retours là-dessus. Sur la révolte, la joie, l énergie, la force mais aussi la douceur que leur procure le disque… c est vrai qu il y a une sorte de révolte dans la plus part des titres. La liberté en tant que femme, en tant qu artiste mais plus généralement en tant que personne, en tant qu être humains tous dans le même tourbillon un peu dingue. 

Quels sont tes projets futurs et comment comptes-tu adapter ton travail de création avec cette situation pandémique ?

Il y a quelque chose dans cette situation qui nous met constamment dans de l inédit. Et ça j aime bien. Et je trouve ça assez stimulant d un point de vue créatif. Perturbant dans le bon sens. On doit trouver d autres façons de faire, de dire, de vivre, d’appréhender les choses, les gens… Depuis le début de tout ce beans, tout a pris plus de temps mais finalement pleins de choses ont pu se faire. J’ai fait l album, des formations, des ateliers d écritures, des résidences avec les musiciens… et je me suis aussi autorisée à ne rien faire à des moments… Pour la suite, j ai envie de travailler sur une forme plus mise en scène. J ai des projets en théâtre en tant que comédienne aussi, et d autres projets de création… donc c est plutôt positif dans l ensemble… maintenant on a juste hâte de jouer cet album devant un public  et j espère bien qu on pourra le défendre sur scène très bientôt et pendant longtemps.   

inté ress ée a beaucoup de formes, théâtre gestuel, expérimental, acrobatie … Je suis rentrée en France aussi pour retravailler en tant que comédienne. Jouer m’a manqué. Et j e suis une grande cinéphile et je vais beaucoup au th éâtre (quand c est possible ;)) Par exemple le travail de Ché reau à l époque, ou celui de Mouawad, de Pommerat, aujourd hui, me passionne.Il y a des pièces qui ont bouleversé ma vie. Il y a toujours beaucoup de théâ tralit é dans mon travail en tant que chanteuse. Ç a fait partie de moi. – Quels messages se cache derrière ce nouvel album et que souhaites-tu que l ’ auditeur en retienne ? C est une vaste question je ne sais pas tellement moi-même s il y a un véritable message. Je ne pense pas. Comme à chaque fois mais peut être pour cet album encore plus clairement j ’essaye d être “droite dans mes bottes » (expression québécoise?) l à o ù j en suis. D ’ essayer de dire le plus sincèrement possible ce que j ’ ai a dire, m ême si je pense qu on est pas complètement conscient de ce qu on a envie de dire… et tant mieux. En tout cas on tend vers ç a. D être au plus proche de ce qu on ressent au moment o ù on créer je crois. Je trouve ç a assez jubilatoire d ailleurs de se dire qu il y a cette part d inconscience qui nous guide dans tout processus de cré ation. J ai commenc é l écriture du disque il y a plus de 2 ans mais l étincelle, le feu de départ est si intense et profond qu il est toujours aussi vibrant aujourd hui. Si ce n est plus. Puisque on redécouvre les titres, leur sens en les chantant, en les vivant dans l énergie de la scè ne. « La Malhonn ê te » c est le titre d une des chansons et c est la peur. La peur qui règne en despote et qui te fait croire a des dangers qu il n y a pas. Comme « le cri » qui te dit d écouter l instinct … c est la quête de trouver sa propre liberté, de repousser ses limites mais aussi de les accepter. Faire face a ses failles pour les surmonter ou l â cher prise et se laisser submerger avec bonheur sans se juger comme dans « Quand je m aime pas »… Accepter ses failles, humaines, nos parts d ombre et de lumiè re… sans doute un album d émancipation peut-ê tre… Comme dans le « Chacha d é complex é » Rien ne l ’ empêchera de danser quoiqu il arrive de continuer à avancer, poursuivre son juste chemin, de tendre vers sa liberté en essayant d’être pleinement présent à soi et aux autres. En acceptant qu on fait comme on peu avec toutes nos imperfections mais au-moins on est dans l arène, pour savoir de quel bois on se chauffe … Les gens me font de très beaux retours là-dessus. Sur la révolte, la joie, l énergie, la force mais aussi la douceur que leur procure le disque … c est vrai qu il y a une sorte de révolte dans la plus part des titres. La liberté en tant que femme, en tant qu artiste mais plus gé n éralement en tant que personne, en tant qu être humains tous dans le même tourbillon un peu dingue. – Quels sont tes projets futurs et comment comptes-tu adapter ton travail de création avec cette situation pandémique ? Il y a quelque chose dans cette situation qui nous met constamment dans de l iné dit. Et ça j aime bien. Et je trouve ç a assez stimulant d un point de vue cré atif. Perturbant dans le bon sens. On doit trouver d autres fa ç ons de faire, de dire, de vivre, d’appréhender les choses, les gens … Depuis le début de tout ce beans, tout a pris plus de temps mais finalement pleins de choses ont pu se faire. J ’ ai fait l album, des formations, des ateliers d écritures, des résidences avec les musiciens … et je me suis aussi autorisé e à ne rien faire à des moments … Pour la suite, j ai envie de travailler sur une forme plus mise en scène. J ai des projets en théâtre en tant que comédienne aussi, et d autres projets de création … donc c est plut ô t positif dans l ensemble … maintenant on a juste h â te de jouer cet album devant un public et j espère bien qu on pourra le défendre sur scène trè s bient ô t et pendant longtemps.

Add comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *