Nous avons l’honneur et la joie d’avoir rencontré aujourd’hui la chanteuse italienne Cristina Marocco. La belle artiste qui fait vivre la chanson Italienne depuis plusieurs années maintenant, ne cesse de nous offrir des beautés musicales et des voyages fabuleux à travers La botte.

Un patrimoine unique qu’elle revisite avec grace et brio, un cadeau inestimable pour le monde: voilà ce que vous pourrez découvrir dans son dernier ep “Un air d’Italie – Voyage aux origines de la chanson italienne”.

Nous avons à l’occasion de cette sortie rencontré Cristina Marocco, que nous vous invitons à lire en 5 questions:

_Pouvez-vous nous présenter votre projet et nous dire comment est née l’idée de reprendre  le répertoire de Monteverdi, Falconieri, Barbara Strozzi et Alessandro Scarlatti ?

Un air d’Italie est le fruit d’une redécouverte et d’une découverte. 

La redécouverte est celle de la chanson classique napolitaine  ( 1835-1945). Je l’ai entendue et chantée depuis mon plus jeune âge, mais par la suite je l’ai oubliée. Un jour,  il y a cinque ans, pas plus, j’ai repris ce répertoire après avoir discuté avec un jeune guitariste napolitain et cela a été la révélation. J’ai monté un spectacle qui s’appelait  “Les airs de Naples” .

Quelques temps après, la rencontre avec un autre musicien, Gabriele Natilla, qui m’accompagne aujourd’hui, m’a amenée à la découverte du répertoire baroque italien. C’est bien à cette époque (entre 1600 et 1750) et en Italie, que les premières  chansons ont été composées par d’immenses musiciens classiques tels que Monteverdi, Scarlatti, Strozzi, Kapsberger… Je me  suis sentie tout à coup si chanceuse d’être italienne et de pouvoir interpréter ces merveilles musicales sans avoir à me soucier de la langue! Et j’ai tout de suite pensé à l’importance de la transmission d’un patrimoine si précieux, au fait que j’aurais pu emmener les gens en voyage dans mon pays au  travers de ces deux époques qui ont tellement  influencé la production musicale mondiale  par la suite.

_ Que retenez-vous de l’époque à laquelle vous avez débuté votre carrière ?Quel est jusqu’ici votre meilleur souvenir musical ?

Je retiens sans doute la stupeur et le dépaysement. J’étais venue à Paris pour voir ce qui se passait en dehors de mon pays dans le but de faire une expérience formatrice au niveau de la langue et par la suite  jouer la comédie  aussi en français.

Jamais je n’ aurais imaginé devenir chanteuse de variété, enregistrer des albums! Cela c’est fait d’une manière complètement imprévisible et inattendue grâce à des rencontres extraordinaires dont celle avec Marc Lavoine, qui m’a amenée par le duo “J’ai tout oublié” au succès médiatique et m’a ouvert les portes de la discographie .

Je n’oublirai jamais l’accueil du public de l’Olympia avec ses applaudissements  tonnants à chaque fois que je rentrais sur scène pour rejoindre Marc Lavoine en chantant mon couplé. 

_Constatez-vous une différence entre l’industrie musicale Française et Italienne, le public réagit-il différemment à votre musique ?

L’industrie musicale italienne a commencé à subir la crise du téléchargement illégal beaucoup plus tôt que celle française. J’ai l’impression qu’ici on s’en sort quand même mieux aujourd’hui, bien que le panorama se soit complètement transformé par rapport au début des années 2000.

En France, existe et résiste malgré tout une certaine diversité de propositions musicales et de programmations radiophoniques, alors qu’en Italie le paysage s’est beaucoup aplati depuis et l’offre musicale autre que le standard pop radiophonique peine à être diffusée et représentée.

En ce qui me concerne, j’ai commencé en France et je n’ai jamais jusqu’à présent proposé ma musique ailleurs qu’ici.  Avec la distribution digitale et ce nouvel EP mes compatriotes aussi pourront découvrir ma musique. Alors je verrai bien ce qu’ils en pensent et je vous dirai leur réactions:-)

_Avec quel artiste rêveriez-vous de collaborer ? 

Je vous avoue que c’est la question à laquelle j’ai toujours eu le plus de mal à répondre, c’est drôle ça chez moi. Je pourais citer des noms, mais sans conviction, alors je ne le ferai pas. J’adore et j’apprécie  beaucoup d’artistes, des musiciens et des chanteurs hors pairs par lesquels je me laisse nourrir et inspirer sans cesse. J’ éprouve une immense gratitude envers eux pour tout ce que j’ai appris rien qu’en les écoutant et en les observant. Mais ils sont tellement grands à mes yeux que cela m’empêche d’imaginer quoi que se soit. Comme une sorte de superstition.

En revanche j’ai un rêve plus concret que j’aurais la prétention de réaliser chaque jours de ma vie. Je voudrais faire  des rencontres de talents artistiques et humains qui m’ amèneraient beaucoup plus loin de ce que je peux faire toute seule. Je remercie d’ailleurs chaque personne qui, même involontairement, a su me donner des ailes pour m’ enrichir et aller plus loin dans mon épanouissement artistique.

_Quels sont vos nouveaux challenges pour l’année à venir ?

Faire de la scène. La scène qui m’attire et m’effraie en même temps. J’estime que je n’ en ai pas assez fait et de toute manière beaucoup moins que je n’aurais dû. J’ai parfois douté de moi et cela m’a ralenti. Il est temps que je rattrape le temps perdu.

FACEBOOK

INSTAGRAM

Add comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *